Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 29
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montrait sur-tout une grande facilite d’execution : il en
a fait depuis un si triste usage , par suite de la marche
rétrogradé qu’il a adopte'e, qu’on ne voit plus dans ses
productions actuelles que le désir de se montrer original,
à quelque prix que ce soit.

Cependant les personnes qui ne connaîtront le ta-
bleau de Fodalisque que par la gravure que nous met-
tons sous leurs yeux, auront peine à croire qu’il soit
aussi défectueux que nous le donnons à penser. En
effet, ia pose a de l’élégance ; les formes , tout incor-
rectes qu’elles sont, présentent des contours couïans et
assez gracieux. Si le premier aspect attire peu , du moins
il n’a rien qui choque ; on peut y trouver même un
certain charme : mais, après un moment d’attention,
on voit qu’ii n’y a dans cette figure, ni os, ni muscles,
ni sang, ni vie, ni relief, rien enfin de ce qui constitue
l’imitation. La carnation est bise et monotone. Les parties
sur lesquelles la lumière devrait être dégradée, la re-
çoivent autant que les parties les plus saillantes : il n’y a
même, à proprement parler, aucune partie réellement
saillante; tant la lumière est étendue à plat, sans art et
sans ménagement. Il est évident que l’artiste a péché
sciemment, qu’il a voulu mal faire, ou qu’il a cru res-
susciter la manière pure et primitive des peintres ‘de
l’antiquité; mais il aura pris pour modèle quelques frag-
mens d’un temps postérieur et d’une exécution dégé-
nérée , qui l’ont complètement égaré.

Les draperies et les accessoires sont néanmoins ren-
dus et étudiés avec soin ; mais les plis sont mesquins , et
le ton en est cru.

Que serait-ce donc si nous voulions donner ici la
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