Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 30
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description d’un autre tableau du meme artiste, place à
.l’extrémité de la grande galerie ? II représente Roger
monte sur l’hippogriffe, et délivrant la belle Angélique,
qu’un monstre marin va dévorer. Cette composition,
d’une bizarrerie inexplicable, rappelle certaines pièces
de vers modernes, dont le style, plus niais que naïf,
annonce la prétention d’imiter le tour et l’expression de
nos vieux poètes. Les nouveaux troubadours ont beau
faire ; un vers , un mot suffit pour dévoiler l’artisice
et détruire l’illusion. Ainsi, dans le tableau de Roger
délivrant Angélique, quelques parties sont touchées avec
goût; mais elles forment la plus étrange disparate dans
un morceau dont l’exécution nous reporte à l’enfance
de l’art.

Nous desirons que ces observations puissent être
goûtées de nos lecteurs ; mais nous craignons qu’elles
ne soient perdues pour M. Ingres, qui, depuis quinze
ans, n’a pas quitté sItalie. Quoi qu’il en soit, on nous
assure que, dans cette ancienne patrie des beaux-arts,
ses ouvrages ont séduit une certaine portion du public,
et qu’ils y trouvent, par l’effet même de leur singularité,
de nombreux admirateurs. Nous félicitons î’artiste de
cette bonne fortune ; il fera bien de la ménager : que
gagnerait-il de plus à rentrer dans la bonne route?

Quoique nous blâmions un artiste qui, vivant à une
époque où tous les arts approchent de la perfection,
tenterait, par son exemple, de ramener la peinture à
ses premiers essais, nous sommes loin cependant de vou-
loir jeter du mépris sur les ouvrages qui en ont signalé
la renaissance. II en est plusieurs (nous en citerons un
entre autres) où se trouvent réunies de grandes beautés.
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