Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 37
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Planche 21.e— Le Sacrisice de Jephté ; tableau de
M. Gu e.

[ Hauteur, 12 pieds ; largeur, 9 pieds 6 pouces. ]

Jephté, successeur de Jaïr dans la judicature des Hé-
breux , tourna ses armes contre les Ammonites, vers Fan
1187 avant J. C. II fit vœu , s’il remportait la victoire, de
sacrisier la première personne qui se présenterait à lui
après le combat : ce fut Seïla, sa fdle unique.

Quel que soit le respect du à la religion des sermens ,
on ne peut considérer l’accomplissement de celui-ci que
comme l’exécution impie d’un vœu cruel et téméraire.
Cette idée nuit beaucoup à l’intérêt que devrait exciter
la vue d’une jeune fdle que son père vient de placer sur
le bûcher, et qu’il va égorger de sa propre main. Une
situation aussi contraire aux sentimens de la nature ré-
volte plus qu’elle n’attendrit. Au surplus, l’exécution de
ce tableau, l’un des premiers ouvrages d’un jeune artiste,
est assez étudiée, et donne des espérances; mais la
figure de Jephté dépasse tellement les proportions ordi-
naires, qu’elle a un aspect colossal. Nos artistes croient
aujourd’hui ne faire que des pygmées, s’ils ne font des
géans. Jephté pose une main sur les yeux de Seïla, pour
lui cacher le poignard et l’instant où elle sera frappée ;
c’est une heureuse idée du peintre.
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