Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 53
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Planche 30.e — S. Martin partage son manteau pour
en couvrir un pauvre ; tableau de M.me Montez.

[Hauteur, 14 pieds 10 pouces; largeur, 10 pieds 4 pouces.]

S. Martin avait pris, dans sa jeunesse, le parti des
armes, et servait dans la cavalerie. Un jour qu’il était en
marche, au milieu d’un hiver si rigoureux que plusieurs
personnes moururent de froid, il rencontra, aux portes
d’Amiens , un pauvre presque nu , qui demandait l’au-
mdne aux passans. Voyant qu’aucun de ceux qui le pré-
cédaient n’avait été touche de la misère de ce malheu-
reux , il pensa que Dieu lui en avait réserve le soulage-
ment : mais il avait distribue" tout ce qu’il possédait, et
il ne lui restait plus que ses armes et ses vêtemens ; ii
coupe son manteau en deux, ii en donne la moitié au
pauvre , et s’enveloppe comme ii peut de l’autre moitié.

Ce tabieau, d’une grande simplicité d’action et de com-
position , ne se distingue ni par i’éciat du coloris, ni par
ïa vivacité de la touche : mais c’est l’ouvrage d’une dame
honorablement citée pour son attachement aux vrais
principes de l’art; elle a meme obtenu plus d’un succès
dans la peinture historique , et n’y a point encore trouvé
d’émule parmi les personnes de son sexe. En accueil-
lant ses ouvrages, nous payons le tribut d’estime du à
ses talens et à son zèle. Les deux figures de ce tableau
sont d’un bon style, et plusieurs parties des nus, entre
autres le genou et la jambe du cavalier, annoncent un
excellent goût de dessin ; les autres parties sont sage-
ment étudiées , mais d’un pinceau un peu froid. Le
mouvement de la main qui tient l’épée, est incorrect et
même équivoque. La perspective du fond paraît exacte ;
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