Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 59
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Planche 34.c— Le Martyre d’Enclore et de Cymodocée ;
tableau de M. Rioult.

[Hauteur, 10 pieds 1/2; largeur, 7 pieds.]

Quelle chaleur de sentiment, quelle élévation et quelle
pureté de style réclamait cette scène touchante, si no-
blement décrite par l’auteur des Martyrs ! La peinture ne
s’en était point encore emparée, et M. Rioult a du moins y
le premier, l’avantage d’avoir tenté cette honorable en-
treprise. Nous disons d’avoir tenté; car il s’en faut beau-
coup que le peintre se soit élevé à la hauteur de l’écrivain
célèbre, et qu’il ait fait passer dans Famé du spectateur
la terreur, la pitié, l’indignation, dont on est pénétré
en lisant le récit de M. de Chateaubriand. Mais comment
se fait-il qu’aucun de nos premiers artistes , entre autres
M. Girodet, n’ait songé à puiser dans le meme auteur
le pendant du beau tableau d’Atala? Quel autre sujet
convenait mieux à son pinceau, toujours noble et cor-
rect? quel autre talent eut retracé avec plus d’énergie la
fin cruelle et glorieuse d’Eudore et de Cymodocée ?

Nous regrettons de ne pouvoir ici transcrire en son
entier le récit du martyre de ces deux modèles de
l’amour conjugal et de la foi chrétienne ; nous allons
seulement rappeler les passages d’après lesquels l’artiste
a conçu son tableau :

u La trompette sonne pour la seconde fois.

» On entend gémir la porte de fer de la caverne du
» tigre : le gladiateur qui l’avait ouverte, s’enfuit esfrayé
» Eudore place Cymodocée derrière lui. On le voyait
» debout, uniquement attentif à la prière , les bras éten-
» dus en forme de croix, et les yeux levés vers le ciel.
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