Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 62
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Planche 35.c-— Tohie rendant la vue à son père; tableau
de M. Lancrenon.

[Hauteur, 4pieds G pouces; largeur, 6 pieds. ]

Le jeune Tohie vient de rentrer dans ses soyers ,
avec Sara, qu’il a épousée dans son voyage, et sange
Raphaël, qui , sous les traits d’un homme , les a pro-
tégés et accompagnes. Après avoir embrasse' son père,
Tohie, qui avait garde' le siel du poisson qu’il avait pris
dans le Tigre , en frotte les yeux du vieillard , qui, de-
puis long-temps, avait perdu la vue, et qui la recouvre
presque aussitôt. Tel est le sujet de ce tableau, dont le
style, la composition et le dessin méritent des éloges. Les
draperies sont bien ajustées, la scène a de saction, et un
sentiment d’expression générale, dont s esprit est satisfait.
Mais l’œil l’est beaucoup moins de l’effet et du coloris,
qui manquent absolument de vérité ; la carnation de toutes
les sigures est rose ; les vieillards mêmes ont une fraî-
cheur de teint qui contraste singulièrement avec les rides
de leur front et l’austérité de leurs traits. La même coquet-
terie se fait remarquer jusque dans les draperies, pour
lesquelles l’artiste semble avoir épuisé les nuances agréa-
bles : bleues, rouges, vertes, jaunes ou violettes, toutes
sont de la teinte la plus fraîche et la plus riante. Aucun
reflet n’cn tempère l’éclat : aussi la vue ne peut y de-
meurer long-temps fixée. L’auteur est habile dans le ma-
niement du pinceau : mais il ne peut espérer de faire des
progrès et d’obtenir des succès solides, s’il ne revient de
bonne foi à l’étude simple de la nature ; il pourra cher-
cher ensuite le beau idéal, dont il n’a encore trouvé que
le simulacre.
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