Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 65
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Planche 37.e et 38.e — Scène de naufrage ; tableau de
M. Géricault.

[Hauteur, 15 pieds; largeur, 22 pieds.]

Ce tableau n’est indique', dans la Notice de l’exposi-
tion , que comme une scène de naufrage; mais il était
depuis long-temps annonce' comme un épisode du nau-
frage de la Méduse. Nous ignorons pourquoi son véri-
table titre, le seul qui put lui donner de l’intérêt, a été
supprime' : on s’attendrit à la représentation d’une infor-
tune réelle, on est peu touché d’un maiheur imaginaire^
La frégate française la Méduse, expédiée au .Sénégal
et partie de la rade de l’îïe d’Aix ïe 17 juin 1816, échoua
sur un banc Je 2 juillet suivant, à une très-grande distance
des côtes d’Afrique, soit par la négligence ou l’impéritie
de quelques-uns des officiers, ainsi que le donne à en-
tendre l’auteur d’une relation qui a été publiée dans le
temps, soit par un de ces événemens que ne peut pré-
voir la prudence humaine. II ne restait aux naufragés
que le faible espoir de se sauver sur de frêles embarca-
tions. Cent cinquante hommes, entassés sur un radeau
fait à la hâte et muni de quelques provisions, se livrent à
la merci des vents et des Ilots. Pendant douze jours d’une
navigation incertaine, si l’on peut donner ce nom à l’a-
bandon le plus déplorable, cent trente-cinq hommes
succombèrent aux souffrances et à la famine : les autres
allaient périr, lorsqu’ils aperçurent à l’horizon un navire
qui paraissait se diriger de leur côté. Cette lueur d’espé-
rance leur fut bientôt enlevée par la disparition du vais-
seau; mais avant la fin du jour, lorsque leur désespoir
1, Salon de 1819, 9
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