Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 67
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Mais, il faut en convenir, celte action est bien faible
et bien peu sentie. Où en est le centre? à quel person-
nage paraît-eHe se rattacher principalement, et quelle
est l’expression generale du sujet? Des cadavres à moitié'
submerges, des morts et des mourans, des hommes iivre's
au desespoir et d’autres que soutient un faible rayon
d’esperance, tels sont les elemens de cette composition,
que l’artiste, maigre' le talent distingue' qu’on lui recon-
naît, n’a pu ordonner d’une manière satisfaisante. Se-
rait-ce donc la faute du sujet, dont le récit, tout plein
cTinte'rét, se prête dissicilement aux crayons du peintre
d’histoire? L’artiste aurait peut-être atteint son but, s’il
n’eut voulu faire qu’un tableau de marine, ou du moins
s’il se fut restreint dans les mesures d’un tableau de genre.

Quant à l’execution , elle laisse e'galement beaucoup à
desirer. Le peintre ayant tire' son jour du fond du ta-
bleau, la lumière ne fait qu’effleurer les objets, et cette
lumière est grise et monotone; tout le reste est noir et
opaque. Le dessin ne manque pas de chaleur et de nerf;
mais il est loin d’être correct. Au surplus, on remarque
dans l’ensemble, qui du moins ale mérité de l'origina-
lité', une certaine verve de pinceau, dont l’artiste pourra
tirer un bon parti quand il aura appris à la modérer,
et sur-tout lorsqu’il sera parvenu à se diriger dans une
meilleure voie.
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