Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 78
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1819_1/0126
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
Planche 47.r—La Mort de Saphire; tableau de M. Picot.

[Hauteur, 15 pieds; largeur, 10 pieds.]

Ananie, ayant détourné' u^e partie du prix d’un fonds
de terre qu’il avait vendu, venait d’être frappe' de la co-
lère céleste et était mort subitement. Environ trois heures
après, Saphire, son épouse, ignorant ce qui était arrivé,
s’approcha de S. Pierre et soutint le mensonge d’Ana-
nie; au même moment elle tomba aux pieds de l’apôtre
et mourut.

Ce tableau, l'un des meilleurs de î’exposition, et de la
même main que celui de l’Amour et Psyché, dont nous
avons rendu compte dans un des articles précédens,
prouve que l’artiste sait traiter avec un égal succès les
sujets gracieux et ceux qui exigent une expression pathé-
tique. Cependant les figures de celui-ci n’ont peut-être
pas toute l’énergie, toute l’austérité, que réclament la
situation et le caractère des personnages. Au premier
aspect, on prendrait pour une figure de femme celle de
S. Jean, placé derrière le prince des apôtres. La tête de
Saphire est très-belle, les bras sont bien dessinés; mais
le reste du corps se développe moins heureusement. Les
draperies sont ajustées avec goût et finement étudiées.
Le ton général est lumineux, sans affectation, et le fond
de paysage et d’architecture, traité d’une manière très-
remarquable, ne laisse rien à desirer.

Ce tableau, commandé par M. le Préfet de la Seine,,
est destiné pour l’église de Saint-Severin.
loading ...