Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 87
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Planche 54.c—Le Serpent d’airain; tableau de M. Smith.

[Hauteur, 8 pieds 9 pouces ; largeur, 11 pieds. ]

Les Israélites, près de succomber aux peines qu'ils
éprouvaient dans le désert, osèrent murmurer contre
Dieu et contre Moïse. Alors le Seigneur leur envoya des
serpens dont la morsure brûlait comme le feu. Ils vinrent
à Moïse, et reconnurent qu’ils avaient péché. Celui-ci,
parle commandement de Dieu, fit un serpent d’airain,
et l’exposa aux yeux des Israélites : ceux qui le regar-
daient étaient aussitôt guéris de leurs blessures.

M. Smith est dans la bonne route: il lui importe beau-
coup de ne pas s’en écarter en cédant aux mauvais exem-
ples dont un jeune artiste est environné; mais il a besoin
de se fortifier dans l’entente générale du coloris. Le ton
de son tableau est assez vrai dans les détails; pris en
masse, il est un peu triste, et manque de nerf et de viva-
cité. Le gris y domine, sur-tout dans le ciel et dans les
lointains, qui ne font pas assez ressortir la principale
figure, celle de Moïse. Les demi-teintes en sont un peu
noires; les draperies, quoique bien jetées et de teintes so-
lides , auraient plus de relief, si elles étaient d’une nuance
plus riche, ou si le fond dont elles se détachent, était d’un
ton plus chaud. On trouve dans ce tableau des têtes , des
mains et des pieds aussi bien peints que bien dessinés, mais
en général une exécution timide. M. Smith paraît (chose
assez rare ) n’avoir pas assez de confiance en ses propres
forces. Au surplus, il est déjà dans la classe des artistes
sur lesquels peut se fonder l’espoir de l’école actuelle.

Ce tableau est destiné pour l’église de S.‘-Paul-S.'-Louis.
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