Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 93
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Planche 58,e-— Les Cendres de Phocion ; tableau
de M. Meynier.

[ Hauteur, 9 pieds 9 pouces ; largeur, 13 pieds. ]

Phocion, condamne' par le peuple d’Athènes à boire
ïaciguë , expira, comme Socrate , dont il avait les vertus,
victime d’une cabale sanguinaire, jalouse et ignorante.
On défendit de lui rendre les derniers devoirs, et son
corps fut brûlé loin du territoire de l’Attique. Une femme
de Mégare rassembla ces restes précieux dans un pan de
sa robe, et les porta dans sa maison : là, au milieu de sa
famille, après avoir passé la nuit à faire les préparatifs
accoutumés , elle leur donna la sépulture près de saute!
de ses dieux.

Ce beau trait de piété et d’humanité, raconté par Plu-
tarque , a peut-être plus de charme sous la plume de l’his-
torien que ne peut lui en donner le pinceau de l’artiste
le plus habile. C’est Phocion qui fait l’intérêt du sujet; il
est toujours le principal personnage , et l’on ne voit ici à
sa place que des cendres inanimées. Quel que soit le poids
de notre observation , sauteur du tableau a du moins le
mérite d’avoir le premier mis cette action en scène, et
d’avoir déployé, pour la faire valoir, toutes les ressources
d’un talent depuis long-temps reconnu pour un de ceux
qui font le plus d’honneur à notre école.

Le Gouvernement vient de faire l’acquisition de ce
beau tableau pour le placer dans la galerie de la Chambre
des Pairs , au Luxembourg.

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