Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 106
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qui met ie spectateur dans le doute et dans l’incertitude»
On ne peut nier que, sous ce rapport, l'illusion ne
soit incomplète et équivoque. Au surplus, ce defaut
serait moins sensible, si la touche était moins arrêtée ;
les objets vus au clair de la lune exigent un pinceau plus
vague et plus moelleux.

On aurait encore un reproche à faire à M. Granger :
les principales parties de son tableau, sur-tout les nus,
sont peintes par hachures, au lieu d’être empâtées et cou-
chers largement, selon la pratique ordinaire. Nous ne
pourrions citer aucun peintre habile qui ait adopté une
méthode semblable. Elle nous paraît d’autant plus répré-
hensible, qu’elle annonce une main lente à opérer, ti-
mide, incertaine, et qu’un tableau terminé de cette ma"
nière a moins l’apparence d’un morceau de peinture
que d’une espèce de tissu fait au métier ou à l’aiguille.
M. Granger a trop de talentpour ne pas se défaire, quand
il le voudra, de cette façon de peindre, qui n’a rien d’a-
gréable , et qui, loin d’ajouter au mérite de ses ouvrages ,
en refroidit singulièrement l’elfet, pour peu que le spec-
tateur veuille juger de près le goût de l’exécution.

Le tableau de S. Charles Borromée a été commandé
par M. le Préfet de la Seine pour l’église de Saint-
Sulpice.
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