Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 111
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Planche 69.e — Le Martyre de S. Cyr et de S.te Julitte,
sa mère; tableau de M. Heim.

[ Hauteur, 17 pieds 10 pouces ; largeur, 13 pieds. ]

Durant la persécution de Dioclétien, une femme chré-
tienne , de la ville d’Icone, nommée Julitte, issue du sang
des rois d’Asie, et possédant des biens considérables, se
sauva en Séleucie, avec Cyr, son fds , qui n’avait encore
que trois ans; mais, en arrivant dans cette contrée, elle
apprit que le gouverneur, nommé Alexandre, n’était pas
moins l’ennemi des chrétiens que le préfet d’Icone. Elle
se disposait à passer en Cilicie, lorsqu’elle fut reconnue
et arrêtée avec son fds, qu’elle tenait entre ses bras; on
la conduisit devant le juge.

Alexandre ayant demandé à Julitte quels étaient son
nom, sa qualité, son pays, elle ne répondit à ces diverses
questions que par ces mots : Je suis chrétienne. Le gou-
verneur, outré de colère, lui fit ôter son enfant; puis il
ordonna qu’elle fut étendue et frappée avec des nerfs de
bœuf. A l’égard du petit Cyr, il voulut qu’on le lui
donnât. Rien n’était plus aimable que cet enfant : un
certain air de dignité qui annonçait son illustre nais-
sance, joint à la douceur et à l’innocence du premier
âge, intéressait en sa faveur tous ceux qui étaient pré-
sens. On eut beaucoup de peine à l’arracher des bras
de sa mère; il étendait continuellement les siens vers
elle de la manière la plus touchante. Ses cris et ses
pleurs marquaient la peine qu’il ressentait de la violence
qu’on lui faisait. Le gouverneur le mit sur ses genoux,
essayant de le caresser et de l’apaiser : mais l’enfant
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