Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

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Planche 3,e—Galatée; tableau de M. Girodet-Trioson,

[Hauteur, 7 pieds 9 pouces; largeur, 6 pieds 4 pouces.]

Pygmaîion, fameux statuaire, étant devenu amoureux
d’une statue, ouvrage de son ciseau, pria Venus de l’ani-
mer. Son vœu fut exauce; il l’épousa, et lui donna le
nom de Galatée.

M. Girodet, usant du droit qu’ont les artistes de créer
ou de modisier leur sujet, ne s’est pas consorme au trait
mythologique aussi scrupuleusement que les peintres ont
coutume de le faire. Rien ne fait connaître ici Pygmaîion
pour l’auteur de la statue : le lieu de la scène n’indique
pas l’atelier d’un sculpteur, mais une espèce de galerie
ou de sanctuaire consacre à Venus , et décore avec autant
de richesse que de goût; on y voit le simulacre de la
déesse et l’autel où brûlent les parfums qui lui sont of-
ferts : c’est là cpie Pygmaîion s’est enfermé mystérieuse-
ment avec le nouveau chef-d’œuvre de son ciseau, pour
le dérober aux regards importuns, et se livrer sans con-
trainte aux illusions d’un fol amour. Un bouquet est
déposé aux pieds de Galatée ; Pygmaîion lui-même est
couronné de sseurs, et n’a pour vêtement qu’un manteau
de pourpre qui laisse à découvert ses bras et ses épaules.
Le peintre, dans le choix des accessoires, n’a rien omis
de ce qui pouvait rendre le style de sa composition vo-
luptueux, élégant, et même un peu recherche.

Enfin Vénus vient d’exaucer le vœu de Pygmaîion.
Un jet de ssamme qui s’élève au-dessus de la tête de la
déesse, marque l’instant où le prodige s’accomplit. Cu-
pidon lui-même a voulu y prendre part, et il se dispose à
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