Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 24
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Planche 12.e — Ingelburge, Reine de France, adoptant
les Ensans d’Agnès de Méranie; tableau de M.me Sophie
Lemire,

[Hauteur, 2 pieds 4 pouces; largeur, 3 pieds 3 pouces.]

Philippe-Auguste répudia Ingelburge pour épouser
Agnès de Méranie, dont il eut un fils et une hile. Le pape
Innocent III ayant oblige Philippe à reprendre sa pre-
mière épousé, ce prince rappela Ingelburge , après avoir
éloigne Agnès, qui en mourut de douleur. Cette princesse
infortunée, se voyant près de sa fin, envoya au Roi,
par la comtesse des Barres, ses tablettes, sur lesquelles
elle avait tracé ce peu de mots : «Philippe, souviens-toi
» de nos enfans. » Ingelburge avait reçu des mains de son
époux les tablettes d’Agnès : touchée de la fin malheu-
reuse de cette princesse, et de sa prière pour ses enfans ,
elle se les fit amener, les adopta, et les traita dès-lors
comme les siens propres.

Cette noble et touchante action de la femme de Phi-
lippe-Auguste est représentée avec la grâce , la simplicité
et la douceur qui conviennent au sujet, et qu’un pinceau
plus ferme et plus assuré n’aurait peut-être pas aussi bien
rendues. Le sentiment qui anime cette agréable compo-
sition , fait excuser aisément de légères incorrections de
dessin. Quoique le coloris n’en soit ni très-fort ni très-
varié, l’œil s’y repose avec satisfaction ; et ce joli tableau
est un de ceux dont l’expression fait le principal mérite,
ce qui ne se rencontre pas toujours dans les ouvrages des
artistes meme les plus accoutumés aux éloges du public.
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