Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 29
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Planche I7.e et 18.c — In es de Castro ; tableau de M, le
Comte de Forhin.

[Hauteur, 4 pieds 8 pouces ; largeur, 5 pieds 6 pouces.]

Inès de Castro, issue d’une illustre maison de Castille,
joignait à un esprit distingue" la beauté et une grâce en-
chanteresse. C’est à ces avantages qu’elle dut sa célébrité
et ses malheurs. Unie par un mariage secret à dom Pèdre,
prince de Portugal, elle s’attira la haine de son beau-
père, dont cette union trompait les vues ambitieuses,
et fut massacrée par ses ordres, ou du moins avec son
consentement. Dès ce moment, dom Pèdre conserva au
fond de son cœur la plus ardente soif de vengeance.
Alphonse mourut en 1556, et son fils montasurle trône.
Le premier soin du nouveau roi fut d’atteindre les
bourreaux d'Inès : ces misérables périrent dans les plus
cruels tourmens. Dom Pèdre s’occupa ensuite de faire
rendre aux mânes d’Inès des hommages dignes d’elle :
il fit assembler les états du royaume, y déclara son ma-
riage en présence du nonce, présenta les enfans qu’il
avait eus d’Inès, et les fit reconnaître habiles à succéder à
la couronne; puis, après avoir fait exhumer le corps de
cette princesse infortunée, il lui ceignit le front d’un dia-
dème, et voulut qu’on rendit les honneurs souverains à
ses restes insensibles. Tous les corps et les grands de l’Etat
la saluèrent reine. Les bienfaits de son époux se répan-
dirent sur tous ceux qui l’avaient servie. Deux superbes
mausolées en marbre blanc s’élevèrent, par les ordres de
dom Pèdre, dans le monastère royal d’Aleobaea; l’un
destiné à Inès ? l’autre réservé pour lui-méme.
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