Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 30
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1819_2/0044
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
( 30 )

On a cru généralement, en voyant ce tableau au Salem
de 1819, que c’était le même que M. le comte de Forbin
avait expose' il y a quelques années ; mais c’est un second
tableau, et celui-ci est une imitation libre du premier. En
les comparant l’un et l’autre, on remarque plusieurs chan-
gemens notables dans les details de l’architecture, ainsi
que dans les personnages qui concourent à cette scène
éminemment tragique, que M. de Forbin n’a pourtant
voulu présenter ici que comme l’accessoire de son tableau.
Mais si l’artiste a prétendu n’ossrir qu’une vue intérieure
du cloître de l’abbaye d’Alcobaça, et que ce soit le prin-
cipal objet de sa composition, la manière dont il a groupé
et dessiné les figures, en relève singulièrement le mé-
rite , excite l’intérêt, et soutient l’attention du specta-
teur. Si M. de Forbin n’a pas eu la prétention de faire
un tableau d’histoire en rappelant les derniers honneurs
rendus à la belle et infortunée reine de Portugal, quoi-
que le trait soit historique, il a du moins produit un
tableau de genre du premier ordre. En effet, sous le rap-
port du coloris et de l’intelligence du clair-obscur, cet
excellent ouvrage a obtenu les éloges des gens du monde
les moins sensibles aux beautés de sart, et des artistes
même les plus faciles à se prévenir contre les productions
d’un émule digne de se mesurer avec eux, mais qui ne
veut prendre modestement que le titre d’amateur.
loading ...