Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 35
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Planche 21.e et 22.c— Jeanne d’Arc prisonnière à
Rouen; tableau de M. Révoil.

[Hauteur, 4 pieds 6 pouces; largeur, 5 pieds 6 pouces. ]

Pour l’intelligence du sujet dont nous donnons ici la
gravure, nous croyons devoir rapporter la notice que
l’artiste lui-même a insërëe dans le Livret du salon :

« Jeanne cI’Arc (ainsi que le raconte Raymond deMacy,
» qui avait figure comme témoin dans le procès de révi-
v sion de cette héroïne, vingt ans après sa mort, par
» ordre du roi Charles VII) avait été conduite au châ-
» teau de Rouen, dans certaine prison du côté des champs.
» En ladite ville, durant qu’elle était détenue, arrive Jean
« de Luxembourg, comte de Ligny, le même qui l’avait
v livrée aux Anglais. Certain jour, ledit seigneur comte
» de Ligny voulut voir ladite Jeanne, et vint à elle en la
» compagnie des seigneurs comtes de Warwick et de
» Scanffort, présens le chancelier d’Angleterre, en ce
>■> temps-là évêque de Boulogne, et le frère du comte de
» Ligny. Et ledit comte de Ligny entra en conversation
» avec Jeanne, lui disant : Je suis venu ici pour vous
» mettre à finance [pour traiter de votre rançon s pourvu
» que tu veuilles promettre que jamais vous ne vous
» armerez contre nous ; laquelle répondit : Hé, mon
si Dieu ! vous vous riez de moi, car je sais bien que vous
y> nen avez ni le pouvoir ni le vouloir ; lesquelles paroles
« elle répéta plusieurs fois ; et comme ledit comte persis-
» tait, elle dit en ouïtre: Je sais bien que ces Anglais
» me feront mourir, croyant après ma mort guigner lo
v royaume de France ; mais, sussent-ils cent mille go d don s--
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