Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 44
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1819_2/0065
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
(44)

Planche 28.e — Le Trompette mort ; tableau de
M. Horace Veinet.

[Hauteur, 1 pied 4pouces; largeur , 1 pied 8 pouces.,]

Un trompette atteint cî’une balle et blesse à mort est
tombe" de son cheval, et vient de rendre le dernier sou-
pir. Un chien lèche le sang de la plaie; le cheval, la
tête baissée sur le cadavre de son maître, qu’il craint
de fouler aux pieds, le regarde d’un œil fixe et doulou-
reux, et paraît sentir la perte irréparable qu’il vient de
faire.

Ce tableau charmant, et qu’on pourrait dire parfait,
est un des plus satisfaisans qui soient sortis des mains
de l’artiste ; il est aussi bien peint que bien composé, et
l’on y trouve réunies la grâce de la touche et la vérité
du sentiment. Le cheval est blanc, et presque entière-
ment éclairé par un jour de resset. La transparence et
la finesse du ton rappellent la manière de Cuyp ou de
Wouwermans. L’épisode du chien qui lèche le sang de
la plaie est assez naturel, mais d’une vérité un peu re-
poussante : il produit une sensation pénible, sans rien
ajouter à l’intérêt du sujet, qui est tout entier dans le mou-
vement et l’expression du cheval.

Ce tableau, exécuté pendant l’exposition, n’y a paru
que dans les derniers jours. II sait partie du cabinet de
feu S. A. R. M.sr le Duc de Berry.

w
loading ...