Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 62
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1819_2/0095
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
Planche 41.e— Le Joueur de violon; tableau de
M. Bonnefond.

[Hauteur, 2 pieds 6 pouces; largeur, 2 pieds.]

Au risque de nous répéter , nous croyons devoir rap-
peler aux jeunes artistes, toutes les fois que ï’occasion
s’en présente, qu’en s’appesantissant sur les détails, c’est-
à-dire sur les parties inanimées de leur composition, ils
atténuent immanquablement Fefset de celles qui en font
l’intérêt reel. On n’est que trop convaincu de la vérité" de
cette observation, lorsqu’on examine ce dernier tableau
de M. Bonnefond. Nous convenons qu’il est difficile de
rendre avec plus d’exactitude cet habit rapiéceté de toutes
couleurs dont is a afsuble" son joueur de violon, ainsi que
ses diverses parties de son lourd et ignoble accoutrement.
Le vêtement de sa petite fille n’est pas moins scrupuleu-
sement étudie"; mais aussi is s’en faut beaucoup que se
peintre ait atteint îe même degre" de vérité" dans sa repré-
sentation des parties essentieïses. Enfin, comme nous en
avons fait l’essai, si l’on cache sa tête du vieillard, ainsi que
ses mains et ses pieds, on ne voit autre chose dans cette
masse informe qu’un tas de haillons grossièrement appli-
qués ses uns sur ses autres. Ce n’est pas chez ses peintres
ssamands, même chez ceux qui se sont le moins attaches
à la grâce et à la nobiesse du dessin , que M. Bonnefond
a puisé l’exemple de ce manque de goût; quels que soient
le caractère et ïe costume des personnages qui animent
si agréablement leurs compositions , îe mouvement et
meme le nu des figures s’y font toujours sentir.
loading ...