Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 65
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Planche 43.e — La Mère de Henri IV; tableau de

M. Revoil.

[Hauteur, 6 pieds 6 pouces; largeur, 3 pieds C pouces.]

Jeanne d’AIbret, fille de Henri d’AIbret, roi de Na-
varre, et femme d’Antoine de Bourbon, étant grosse de
Henri IV, le roi Son père, après avoir tire' de son cabinet
une boîte d’or et une chaîne précieuse, lui dit dans le
langage simple et familier de son temps : «Ma fille, cette
» boîte, avec le testament qu’elle renferme, sera tienne,
v mais que tu m’aves montre’ ce que tu portes ; et afin que
» tu ne me fasses pas une pleureuse ni un enfant rechigne',
*■> je te promets de te donner tout, pourvu qu’en ensantant
» tu chantes une chanson en be’arnais; et quand tu enfan-
» seras, j’y veux être. » On sait qu’e'tant accouche’e peu de
temps après, Jeanne d’AIbret, dans les premières douleurs,
chantaün couplet en langue béarnaise. Le roi deNavarre
mit aussitôt la chaîne au cou de sa fille, et lui donna en-
suite la boite en disant: « Voilà qui est à vous, ma fille;
» mais, ajouta-t-il en prenant l’enfant dans sa robe, ceci
» est à moi. » II l’emporta en effet dans sa chambre.

On peut faire sur ce tableau les mêmes observations
que sur celui de Jeanne d’Arc du même artiste , dont
nous avons inséré la gravure dans un des articles pré-
cédens (1). Les meubles, les ferrures, les broderies, les
bijoux, en un mot tous les ornernens sont du meilleur-
choix, du pinceau le plus précieux et le plus vrai, et
rappellent bien l’époque que le peintre a voulu indiquer.

(1) Voyez pi. 21.e de ce volume, pag. 35.
2. Salon de 1819,

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