Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 66
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M. Revoiî s’est surpasse dans cette partie de son travail ;
et s’il eût substitue aux figures un trophée d’armes ou
d’instrumensde musique, tel qu’on en voit ordinairement
dans les tableaux de nature morte , celui-ci aurait pu être
cite comme un chef-d’œuvre dans ce genre : mais il y
a introduit un sujet d’histoire; et ce sujet, ii faut l’avouer,
n’y tient pas ïe premier rang. La figure de Henri d’AIbret
est beaucoup trop grave et trop peu animée, et l’on n’y
trouve pas cette expression vive et franche qui donne
du piquant au trait historique. Le caractère de Jeanne
d’AIbret est manqué complètement : sa pose est roide,
son sourire froid et dédaigneux. On conçoit difficilement
que M. Revoiî, l’un de nos peintres les plus spirituels et
le plus solidement instruits, ait pu oublier un seul instant
que les gens de goût veulent trouver dans un tableau
autre chose encore que le matériel de l’art : comment se
fait-il donc qu’il ait négligé la partie essentielle, l’expres-
sion ? On ne peut pas dire que M. Révoil l’ait négligée;
car, en fait de soins, si M. Révoil pèche, c’est par excès.
Disons plutôt qu’il s’est mépris sur l’intention et le carac-
tère de ses personnages. Au surplus, cet artiste habile a
tout ce qu’il faut pout se relever au salon prochain.
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