Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 72
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Planche 48.e~—Du Gués clin enfant; tableau de
M. Laurent.

[Hauteur, 3 pieds 4 pouces; largeur, 2 pieds 7 pouces.]

Du Guesclin, laid et presque difforme dans son jeune
âge, avait des manières plus que brusques et un caractère
sauvage. Dans la maison paternelle il fut abandonne aux
domestiques, et maltraite comme une espèce de sséau. Son
père l’avait enferma pour l’empêcher de battre et d’être
battu. On raconte qu’un jour sa mère, désolée de son
indocilité, allait le punir, lorsqu’elle en fut détournée par
Une religieuse de ses amies, qui se donnait pour savante
dans l’art de la divination. Elle fit approcher le jeune
du Guesclin, examina sa physionomie, ses traits et seâ
mains , et prédit à sa mère qu’il serait le plus grand per-
sonnage de son siècle, a Au lieu de vous plaindre, dit-
» elle, d’être la mère d’un tel fils, remerciez Dieu da
» vous l’avoir donné ; car il relevera bien haut la gloire
» de votre famille. »

Ce tableau, où le dessin est la partie qui laisse le plus
à desirer, et dont l’expression a plus de douceur que de
vivacité, se fait remarquer par la fraîcheur du coloris et
l’agrément du pinceau. L’artiste a eu raison, quel que
soit le témoignage de l’histoire, de ne pas représenter
le petit du Guesclin laid et dissorme; il aurait même pu
lui donner une tête moins forte : celle-ci n’est pas assez
en rapport avec les autres têtes du tableau.
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