Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

Seite: 74
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Planche 50.e — Le Tasse reçu par deux Cardinaux
aux portes de Rome; tableau de M. Pérignon.

[Hauteur, 1 pied 4 pouces; largeur, 1 pied 10 pouces.]

Le Tasse, dès l’àge de sept ans, avait compose" des
vers qui sirent entrevoir son génie poétique; à dix-sept
ans, il sit paraître son poème de Renaud, qui, malgré ses
impersections , rappelle souvent l’imagination féconde de
l’Arioste, et annonçait déjà le chantre de Godefroi. Pro-
tégé par Alphonse duc de Ferrare, et pouvant se livrer
sans inquiétude à ses inspirations, le Tasse mit au jour
le grand ouvrage qu’il avait entrepris depuis plusieurs
années, et la Jérusalem délivrée vint partager avec le
Roland furieux l’admiration de l’Italie. Peu de temps
auparavant, le Tasse avait sait un voyage en France à
la suite du cardinal d’Est, et avait reçu à la cour l’ac-
cueil le plus savorable.

Cette époque paraissait devoir assurer le bonheur du
Tasse : elle commença la longue chaîne de ses infortunes.
Il avait conçu pour Eléonore, sœur d’Alphonse, une
passion à laquelle, dit-on, cette princesse ne sut point
insensible. Par ordre de l’orgueilleux duc, que ses vers
avaient immortalisé, le Tasse fut enfermé dans Sa maison
des fous, et traité avec une barbarie qui seule aurait
suffi pour aliéner sa raison. Victime de l’oppression et
d’un amour malheureux, il fut encore attaqué dans sa
gloire littéraire ; des envieux saisirent le moment de sa
disgrâce pour critiquer son poème, et peu s’en fallut qu’on
ne le regardât comme une production médiocre.

Le Tasse parvint à s’échapper de sa prison ; et, dans la
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