Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1820

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Planche 69.e — IJ Amour; statue en marbre par
M. Gayrard.

Figure de 3 pieds de proportion.

L’Amour, préparant ses traits, en tient un dont il
essaie la pointe sur son bras.

Lorsqu’on examine avec attention les statues antiques,
même celles qui réunissent à un très-haut degré la no-
blesse, la pureté et l’élégance des contours, on y découvre
une si grande naïveté de détails, une si grande simplicité
de formes, qu’il semble que les diverses parties, prises
séparément, en aient été moulées absolument sur nature.
On en conclut, avec beaucoup de vraisemblance, que
c’est par l’imitation exacte de ce que les modèles vivans
leur offraient déplus expressif, de plus gracieux, déplus
correct, que les sculpteurs de l’antiquité se sont élevés
peu à peu jusqu’à cette étonnante persection qui dis-
tingue, dans les détails comme dans l’ensemble, ceux de
leurs chess-d’œuvre que le temps a laissé parvenir jusqu’à
nous. Sans doute le type de cette perfection ne s’est ja-
mais manisesté complètement dans un seul et même
individu: mais la nature en a créé et dispersé les divers
élémens; et l’art, secondé par l’imagination , le discerne-
ment et le goût, a su les réunir, les présenter sous un
aspect général, et, les faisant servir à l’expression dé
quelque pensée d’un ordre supérieur, a créé, comme à
son insu, ce que, faute de pouvoir mieux le désinir, nous
nommons ordinairement le beau idéal. Mais, il faut en
convenir, ce beau idéal sera long-temps le sujet de discus-
sions abstraites , non-seulement parmi les écrivains qui
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