André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 1) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055A]

Seite: 9
DOI Seite: 10.11588/diglit.28206#0027
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surleBeau. 9
de l’esprit pur. Je commence par
le beau seniible , quoique peut-être
Ie plus compliqué, mais qui d’ail-
leurs me paroît Ie plus facile à éclair-
cir, par les secours que je ptiis ti-
rer de nos idées les plus familieres,
pour mefaire entendre à toute sorte
de personnes.

D’abord, il est certain que tous
nos sens n’ont pas le privilége de
connoître le beau. II y en a trois ,
que la nature a exclus de cette no-
ble fondion : le goût, l’odorat, &c
letoucher. Sens stupides &C grossiers,
qui ne cherchent, comme les bêtes,
que ce qui leur est bon , sans se met-
tre en peine du beau. La vûë &z.
Fouïe sont les seules de nos facultés
corporelles , qui ayent le don de Ie
discerner. Qu’on ne m’en demande
pas la raison. Je n’en connois point
d’autre que la volonté du Créateur,
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