André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 1) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055A]

Seite: 54
DOI Seite: 10.11588/diglit.28206#0072
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54 E s s a i

reconnoît elle-mâme, sinon la va-
nité , du moins la fragilité. Une
maladie la défigure, un chagrin la
ternit , un air trop vif, tin aliment
trop fort , un excès de travail ou
d’indolence , mille accidens la dé-
gradent ; & après un petit nombre
de beaux jours , qu’on appelle son
printemps , i’âge impitoyable lui fait
éprouver , comme aux fleurs-, un
dépérilsement rapide qui l’emporte
enfin totalement & sans retour.

II n’en est pas ainsi du genre de
beau dont j’ai aujourd’hui à vous
parler. On ne forme jamais pourlui
de voeux inutiles. Nous pouvons
toujours l’acquérir par nos soins,
le conserver tant qu’il nous plaît,
le recouvrer quand nous l’avons
perdu , lui ajoûter même chaque
jour quelque nouveau dégré de per-
sedion, A ces traits, l’on reconnoît
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