André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 1) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055A]

Seite: 64
DOI Seite: 10.11588/diglit.28206#0082
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e?4 E s s a î

ne l’est pas trop au commun des hom-
mes. Je rentre donc dans Ie sensible,
II est évident que tous les hom-
xnes sont de leur nature parfai-
tement égaux : & par conséquent,
que si le Créateur les avoit formés
tous ensemble, indépendammentles
uns des autres, il n’y auroit point
entr’eux de subordinationnaturelle;
il n’y auroit dans cette hypothèse
ni supérieurs ni inférieurs. II y
auroit peut-être des amis : mais
point de sujets , point de maîtres ,
point de rang ni d’autorité légitime.
Nous serions tous dans un parfait
niveau de conditions , & chactm
de nous composeroit à part comme
un petit état isolé, libre & indé-
pendant , mais qui auroit austi le
malheur de se voir étranger à tout
le reste du monde. Que falloit-il
donc faire pour mettre parmi nous

un
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