André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 1) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055A]

Seite: 69
DOI Seite: 10.11588/diglit.28206#0087
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/andre1763bd1/0087
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
surleBeau, 6 cj

syïons apprise des Philosophes : ce
n’est pas une loi que nous ayions
reçûe des Légissateurs. Avant qu’il
y eut des Phiiosophes , il y avoiî
des hommes : & avant qu’il y euî
des Légissateurs, il y avoit une loi
d’humanité, un sentiment naturel &
intime qui nous uniss'oit tous. C’efi:
un héritage que nous recevons en
naisfant du cœur de nos peres, &
que notre sang porte , pour ainsi
dire, empreint dans toute sa masse.
La phrénéiie du libertinage le mé-
conrioît quelquefois ; je l’avouëtla
stupidité l’assoupit & l’endort : le
îrouble des passions l’étouffe pour
un tems : Ia petitesse de certaines
ames le restreint dans les bornes
d’une famille d’un canton , d’une
province . dans ce qu’on appelle sa
patrie. Mais j’en atteste ici toutes
jies consçiences attentiyes ; le pre?
loading ...