André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 1) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055A]

Seite: 71
DOI Seite: 10.11588/diglit.28206#0089
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S tf R L E B E A U. 73
|>eîle moncorps, n’esî que d’un pays,
Mon cœur voit par-tout des com-
patriotes , 011 plutôt des proches ,
dont à la vérité je ne connois pas
îe degré du sang, qui me les lie,
mais dont je s'ens bien que je ne
puis méconnoître Ia consanguinité,
Au reste, Messieurs, ce n’est point
Ià un sentiment qui me soit parti-
culier. Je n’en rougirois pas , quoi-
que j’avoue que ma solitude me
feroit peur. Mais je n’ai rien à
craindre : c’est le sentiment gé-
néral du cœur humain, fondé sur
l’ordre primitif de la nature , & qui
se déclare par mille traits lumineux
dans toutes les histoires, On sçait
que Socrate, le plus sage des Grecs,
regardoit toute la terre comme sa
patrie, parce qu’il y voyoit par-'
tout des hommes. On sçait que
Séneque, le prince de la philosophie
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