André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 1) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055A]

Seite: 93
DOI Seite: 10.11588/diglit.28206#0111
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ife à contenter, un empire à gou-
verner sous ses ordres, un état à po-
licer, des sujets àréduire, en un mot,
un peuple de passions à mettre à la
raison. Ce n’est point-Ià être sans
compagnie : c’est en avoir trop. Et
l’Auteur qui a dit que l’homme n’est
jamais moins seul, que lorsqu’il est
seul, a dit peut-être plus qu’il ne
vouloit dire. Car au lieu de ces
beiles pensées , avec lesquelles on
suppose qu’il s’entretient dans la soli-
tude, quelle est sa compagnie la
plus ordinaire ? Une imagination
bizarre & impérieuse qui veutrégner
sur son esprit ; des sens rebelles ,
qui entreprennent de gouverner sa
raison ; des humeurs sans régle, qui
le subjuguent tour-à-tour ; des be-
soins qui crient toujoursfamine; des
désirs plus inquiets encore que ies
besoins ; des idées phantastiques d©
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