André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 1) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055A]

Seite: 131
DOI Seite: 10.11588/diglit.28206#0149
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surleBeau. 352
pathétiques ? Je répons, sur la foi
de l’expérience universelle , C’est
le fort & le tendre : deux especes
de pathétiques qui sont évidemment
les deux grands mobîles du coeur
humain. Le fort nous réveiüe, nous
applique , nous détermine : le tendre
nous attire , nous engage , nous fait
déterminer par nous-mêmes. Le fort
nous subjugue, pour ainsi dire , par
la voie des armes : le tendre nous
sollicite , nous gagne , nous prend
par intelligence & par composition.
Le fort entre dans notre ame en
conquérant, Sc comme par la bre-
che : le tendre se présente devant la
place comme un Roi débonnaire,
qui n’a qu’à se montrer pour se faire
ouvrir les portes. Je ne décide pas
entre ces deux genres de mouve-
mens pathétiques , lequel répand
plus de beauté dans un discours. Je
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