André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 1) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055A]

Seite: 199
DOI Seite: 10.11588/diglit.28206#0217
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S V R L E B EAV. 199
parler , président à ses compoiî-
tions , & par les transports extraor-
dinaires qu’elle inspire à tous les
cœurs qui sçavent l’entendre. Avec
cette idée de la Musique , faut-il
s’étonner que nos anciens maîtres
eussent bien voulu n’adresser ce lan-
gage divin qu’à des ames divines ,
à des ames élevées au-dessus des
sentimens vulgaires par le génie ou
par le goût , plus sensibles aux ac-
cords de l’harmonie , qu’à la dou-
ceur des sons, cultivées même par
la science, ou par l’exercice , pour
en mieux connoître toutes ies fî-
nesses ?

Je sçai qu’il y a dans le monde
une espece de Phiiosophes , qui
n’ont pas de la Musique une idée
st avantageuse, ou plutôt qui en ont
une presque toute contraire. Ils pré-
tendent que le sentiment est le seul

R iv,
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