André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 15
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0023
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S V R L E B E /Tv. I ÿ
Mais aussi , quel est l’qeil assez go*
thique pour pouvoir supporter cette
multitucje affreuse de coliiichets dont
on ornoit autrefois les frontispices
de nos temples, ou les vestibules de
nos vieu'x châteaux ? Ce n’est pas
que dans cet assemblage de petites
sigures architeftoniques, il n’y ait
beaucoup d’art : il y en a trop ; &C
la nature , qui sé contente à moins ,
réprouvera toujours une profusion
qui la rassasie sans la satisfaire.

Le beau musical n’est pas moins
susceptible du trop que le beau vi*
sible. On sçait que les consonances
en sont toujours le fondement essen-
tiel. Cependant, faites-moi une mu-
sique où il n’entre que des accords
parfaits : vous m’ennuyerez à coup
sûr par cette justesse trop rigoureuse,
Entre les consonances , l’oûave est
la plus parfaite ? & la quir.te , la
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