André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 16
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0024
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î 6 E s s a i

p!us douce. Composez - moi néan-
moins un air où vous entasiiez sans
mesure odave sur odave , quinte
sur quinte : soyez certain que vous
fatiguerez tous vos auditeurs par cet-
îe belle monotonie. Les dissonances
bien ménagées, bien préparées, bien
sauvées , sont comme le sel d’une
composition musicale. II faut donc ,
pour ainsi dire , en saupoudrer vos
accords. Mais , si au lieu de les sau-
poudrer un peu , vous y jettezle sel
à pleines mains, comme un cuisinier
cle village, à quoi se terminera cette
folle dépense ? Vous piquerez d’a-
bord l’oreille : mais , comptez que
bien-tôt vous Ia blesserez infailli-
blement. II y a des airs d’insages ou
de passions, dans lesquels on avoue
que la répétition de certaines pa-
roles énergiques , ou de certains
lons pathétiques , peut avoir de Ia

grace ,
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