André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 18
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0026
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i 8 E s s A i

II est donc clair que cette maxîme
s’étend aussi au beaudans les pieces
d’esprit. Je me borne à celles d’élo-
quence. On y veut plaire, comme
dans la musique, à l’oreilie, à i’ima-
gination &: au cœur. Mais à forcede
leur vouloir plaire, combien de fois
s’y rend-on insupportable , en leur
présentant sans mesure Ies beautés
mêmes qui naturellement les char-
ment le plus ? A l’oreille, en lui of-
frant sans cesse un ss:yle trop nom-
breux & trop sonore , des phrases
trop mesurées , des cadences trop
marquées , des périodes faites au
tour , si j’ose ainsi dire ; en un
mot , un style qui sent plus la mo-
dulation d’un chant, qu’une simple
composition de paroles. A l’imagi-
îiation , en lui étalant des images
trop grandes ou trop hardies , des
figures poussees à ontrance ou trop
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