André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 34
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0042
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54 E s s â i

îrompeuse , que cl’une prévoyarîce
ordinaire qui se borne àn’être point
duppe ? N’est-on pas plus choqué
d’une constance opiniârre, que d’une
fermeté commune , qui se laisse
quelquefois ébranler trop aisément?
Plus choqué d’une justice inéxorable
qui ne sçait jamais faire grace, que
d’une équité trop humaine , qui se
contente de ne point faire d’injus-
îice ? PIus choqué d’une ssncérité
misantrope qui ne peut rien taire9
que d’une sincérité un peu trop dis»
crete, qui ne dit pas tout ce qu’elle
pourroit dire ? PIus choqué d’un zéle
trop impétueux, que d’un zéle un
peti trop patient ? N’est-on pas même
d’autant plus choqué de ces vertus
extrêmes,qu’elles ont de leur nature
un objetplus saint ? Et il ne faut pas
dire , que c’est seulement Ie vice, ou
l’amour propre des imparfaits , qui
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