André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 124
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0132
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Ï24 E S S A I

par nne discussion grammaticale :
elle m’a paru nécessaire pour m’ex-
pliquer sans équivoque.

Nous entendons ici par grace, non
pas précisément la beauté absolue
d’un objet , mais cette sorte de
beauté sensible dont la vûe répand
dans l’ame une impression de joie ou
de contentement. De-là vient que
les Greçs , dont la langue eft si heu-
reuse en expressions propres , nom-
moient Ies Graces, Charites, nom
tiré de Çhara , qui signifie, joie qu
gaité. Le mot Latin gratia , qui vient
de gratum , agréable ou déleûable ,
porte la même idée dans l’esprit r
& l’on voit assez que notre mot de
gr.ace, qui en ess dérivé, n’a point
dégénéré sur la route de son ancienne
ot'igine. Parmi nous , coipme chez
Ies Grecs & les Romains , qui dit
gracieux, dit une qualité qui non-
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