André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 133
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0141
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S U R L E B EA U. 13 jJ
vation que nous y allons faire.

Un arbre nous paroît beau, quand
il s’éleve sur sa tige bicn à plomb ;
quand ses branches montent en l’air
dans un ordre symmétrique. Mais
quand est-ce qu’il commence à nous
paroître gracieux ? II se couvre de
fleurs : c’est le moment de la nais-
sance des graces. Nous aimons à
regarder la verdure d’une prairie :
mais si vous en séparez l’émail des
fleurs , nos regards n’y feront p^s
un Iong séjour. Je vois un parterre ,
dont les compartimens sont tracés
ayec art , les bordures élégantes ,
le champ bien ordonné: ce n’esten-
core là que le destein d’un tableau
qui attend le coloris. Je vois des
boutons qui se forment de toutes
parts : ce n’est encore qu’une espé-
rance d’agrémens. La belle saison
yient, qui les fait éclore, Voilà les
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