André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 148
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0156
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C’ess: donc là , Messieurs , que
nous croyons devoir considérer les
graces dont je parle , pour en dé-
couvrir le véritable caraftere. Mais
cornme je n’ignore pas, que je n’ai
acquis dans la République des Let-
tres aucun droit de prononcer sur
«ne matiere si délicate , j’aurai soin
de ne rien avancer que sur la foides
plus grands Maîtres du bon goût,
anciens & modernes.

Jamais leur concert ne fut si una-
nime. IIs ont tous d’abord posé pour
principe , qu’un ouvrage d’esprit ne
peut plaire sans les Graces. Hésiode
les donne pour compagnes à toutes
les Muses : Théocrite les invoque
pour lui diûer ses vers : Cicéron
veut que son Orateur en orne son
éloquence. Et à plus forte raison les
Poëtes les doivent-ils regarder com-
me essentiesies à leur art. C’est, dit
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