André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 163
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0171
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S V R LE B EAU. 1S3
l’ame aux objets qu’on lui présente ;
à la vérité, par exemple, à la j ustice ,
à la ReIigion,à la pureté desmœnrs :
envain la plus belle imagination nous
y étaieroit-elle ses peintures Ies plus
brillantes ; il faut que le coeur pren-
ne souvent le pinceau pour Ies ani-
mer par le sentiment, C’est une regle
d’éloquence connue à tout le mondeo
Voulez-vous me toucher ? soyez tou-
ché vous-même. Iln’y aque le cœur
qui sçache parler au cœur. C’est le
cœur seul qui sçait toucher les vé-'
ritables cordes, qui nous remuent
par la sympathie naturelle de nos
ames : lui seul, qui sçait trouver
dans son propre feu , les traits les
plus propres pour nous enflammer ;
cet enthousiasme des grands Poétes,
ce pathétique fort ou tendre des
grands Prédicateurs.

Ici, Mestieurs, il me semble en»

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