André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 164
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0172
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164 E s s a i
tendre quelque murmufe parmx nos
Philosophes. Est-ce donc ainft que
vous abandonnez les graces à la
conduite de deux aveugles , à l’i-
magination qui est une folle , &c au
.coeur qui eü un imbécille, toujours
esclave, ou de ses fureurs , ou de
ses foiblesses ? Ne blasphêmons pas
contre les dons du Créateur. Nous
avons déja prévenix la difficulté en
mettant la justesse au nombre des
graces nécessaires dans le discours :
û nécessaires même , que sans la
justesse nous prétendons que les plus
brillantes images des Poëtes , les fi-
gures les plus pathétiques des Ora-
îeurs , les descriptions les plus pom-
peuses ou Ies plus.sseuries desHisto-
riens , n’ont qn’un éciat frivole,
semblable à ces feux noûurnes ,
qui, après nous avoir éblouïs quel-
ques momens, nous Iaissent tout-à'-
coup dans les ténebres»
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