André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 166
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0174
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ï66 E s s a i

Par ce principe, qui est indubi-
iable, ma troisieme question est plus
qu’à demi résolue. Quelles sont les
matieres, ou les sciences, qui sont
susceptibles des graces du discours ?
Je ne crain^ plus de Ie dire. II n’est
point de sujet si sombre, où Ies gra-
ces ne puissent pénétrer , tantôt les
unes, tantôt les autres , & quelque-
sois toutes ensemble. On m’accu-
sera peut-être encore, d’avancer là
un paradoxe. Paradoxe ou non : je
prétens que c’est une vérité, dont
la preuve n’est pas même difficile.
Et en effet, quelle est la matiere ,
ou la science , que l’on voudroit
exclure de l’empire des graces ?

Seroit-ce la Philosophie ? elle quî
Contemple de si beaux objets. La
raison qui nous éclaire, l’ordre &
la régle des mœurs, le grand spec-
taele de l’Univers, q.ui est en même-
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