André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 203
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0211
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S U R L\E B E A U. 20J.
l’amour des arts , qui servent aux
agrémens de la vie ; la peinture , la
musique, la poësie même , dont ii
semble que l’unique but soit de plai-
re ; mais que les bons esprits sça»
vent toujours rapporter à l’utilité
publique , selon l’intention du Créa-
teur : c’est-à-dire, en un mot, que
de même qu’il y a un certain tempé»
rament du corps qui, selon les loix
de la nature, diversifie nos goûts
par rapport aux biens du corps ; il
y a aussi un certain tempérament de
l’ame qui, selon les vûes de la Pro»
vidence , diversifie nos goûts par
rapport aux biens de l’esprit.

Au reste, Messieurs, ce n’est point
là un paradoxe que j’avance. Rien
de plus conforme aux idées les plus
communes , &: même si communes,
que l’on en a fait un proverbe : heu-
reuses, dit-on, lej ames bien nées;
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