André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 272
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0280
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bornes de la natnre elle ne produisd
îa douleur qu’elle fuir , au lieu du
bonheur qu’elle cherche : c’est - à -
dire , dans leur systême, de peur
que le souverain bien n’enfantât le
souverain mal. Mais, pour ne se pas
contredire trop visiblement, ils per-
sisterent toujours à soutenir que la
vertu même ne peut être ni aimée,
ni pratiquée que par le motif de la
volupté qu’elle donne ou qu’elle as-
saisonne.

Séneque'! , dans son Traité de lct
V'u heureufe , releve ces absurdités
avec le ton qui leur convient. Vrai-
ment , leur dit-il, voilà un beau
souverain bien que vous nous pré-
sentez-là, qui, pour ne pas devenir
un mal, a besoin d’une garde pour le
veiller ! Quale fummum hanum , cui
cuflode opus eft , ut bonum fit ! Et d’un
autre côté, voilà un bel emploi que

* Scn. De beatd , c. 11,
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