André, Yves Marie  
Essai Sur Le Beau (Band 2) — Paris, 1763 [Cicognara Nr. 1055B]

Seite: 318
DOI Seite: 10.11588/diglit.28207#0326
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/andre1763bd2/0326
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
3iS E s s a i
Quelle sera dans chaque particulier
la mesure essentielle de son amour
pour Ie Public ? Son proprebonheur,
ou, si vous l’aimez rnieux , celui des
autres pour le sien. Voilà pour le
présent. Pour I’avenir , quel sera Ie
terme, jusqu’oh portera-t-il ses vues
publiques ? Le tems de sa vie , 8c rien
au delà. Car après la mort qu’im-
porte à l’amour-propre, que l’Etat
périsse ou qu’il se conserve ? Pendant
ma vie son malheur entraîneroit le
mien : il faut donc empêcher sa ruine;
Après ma mort, son bonheur n’esf
plus rien pour moi. II faut donc en
laisser le soin à mes survivans. C’est
îeur affaire.

On ne peut disconvenir que tou-
tes ces conséquences ne soient par-
saitement bien tirées dans la Logique
de l’amour intéressé. Mais si de cette
Logique on se fait aufîi une Morale,,
loading ...