Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

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indique seize journées de marche, soit 192 lieues. Prax et
Keuou marquent 200 iieues : mais M. Jomard (voyage de
Caillié) descend jusqu'au chiffre de 180. Par la comparaison
de ces divers résultats il resterait démontré que notre voyageur
fit partie d'une caravane qui ne s'avançait que lentement et
subdivisait quelquefois les étapes. »

A la lisière du territoire de Mabrouk s'ouvre un autre
désert aride et sans eau, qu'on traverse en une semaine pour
arriver à Bir-bou-chebiah , qui est le magasin de la tribu des
Kounta.

Les habitants de cette oasis sont bons, hospitaliers : ils ont
de la probité et de la bonne foi, et passent pour Marabouts.
Le pays est riche en blé et en riz, en fruits et en légumes de
toute sorte : aussi le bien-être régne-t-il généralement dans
les familles. La ville est entourée d'une ceinture de jardins
où de nombreux canaux d'irrigation font pousser presque sans
culture les fruits, les légumes et le cotonnier.

On a encore une journée de marche pour atteindre à la
chapelle dite Zaouïet Sidii-Mokhtar, qui n'est à proprement
parler qu'une station. Le marabout qui y réside, est un per-
sonnage qui ne manque pas de finesse, brave homme au de-
meurant et faisant à chacun bon accueil.

Tombouctou. De cette zaouïa à Tombouctou, il n'y a
qu'une journée. Tombouctou, grande et belle ville, de quatre
railles de longueur et d'une largeur équivalente, est la rési-
dence du chef de l'Etat. Elle a le monopole du commerce de
la contrée, et il s'y tient tous les jours un marché où viennent
sapprovisionnier quantité de villes environnantes. Dans le pays,
tous les individus, même le maître du pouvoir, portent des
vêtements do cotonnade. Le sol produit en abondance du blé.
du riz, des haricots et des fèves. Les Tombouctiens obéissent
actuellement à une femme nommée Nanabir, qui s'est uuie à
son cousin par les liens du mariage.

Djenny. A peu de distance de Tombouctou, on s'embarque
sur le Niger, et au bout de dix jours on pénètre dans une ville
connue sous le nom de Djenny ou Jenny, résidence du gou-
verneur du district. Le Niger est une rivière peu profonde ;
les barques qui sillonnent son cours sont très-petites, sans
voiles, et ne se manœuvrent qu'à force de rames.

Bamïs\ka. Pour aller de Djenny à Bambara, on voyage six
jours encore sur ie Niger et puis vingt jours par terre. Bani-
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