Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

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pouvoir avec équité. Lorsqu'on s'éloigne de Sakaï, on parcourt
pendant environ deux mois un espace immense où se déve-
loppent des peuplades mobiles, qui cherchent çà et là des
pâturages pour leur bétail. Le cheval et le chameau les ont
habituées à méconnaître les distances.

Maïka. Après ce long trajet, on stationne à Maïka, petite
bourgade qui mérite une mention, tant à cause de la variété
de ses productions, que par l'aisance répandue dans la popu-
lation. En fait de plantes des champs, on y distingue surtout
le bou-Kraïb (?), le zeïlane (?) et les arbustes communs aux
autres parties du Soudan citées plus haut. Le froment n'y est
point rare, et le coton y vient naturellement.

Plus loin que Maïka on commence à s'enfoncer dans un
désert qui ne peut être traversé en moins de trente jours. Ce
désert est comme tigré de morceaux de terre où l'herbe
accuse un semblant de végétation : il sert de patrie à quel-
ques tribus de bédouins dont Maïka est le point de ravi-
taillement.

Sakat. Une fois sorti de ces vastes solitudes, on aperçoit
la dernière ville de la Nigritie, Sàkat, qui étend son autorité
•ur quelques peuplades disséminées au loin et campées sous
des tentes de peau de buffle.

Au-delà du cercle de Sàkat commence en quelque sorte
un autre monde : les hommes ont le teint rougeâtre. Les uns
sont pasteurs et poussent devant eux des quantités incalcu-
lables de chameaux et de moutons; les autres font de la cul-
ture et récoltent, outre le blé, une espèce d'orge qui res-
semble beaucoup à du froment.

Sebket-Chanaqtha. On voyage environ deux mois sur le
territoire de cette nation, si différente des nègres sous plu-
sieurs rapports, avant d'arriver à un grand lac salé qui s'ap-
pelle Sebket-Chanaqtha, et sur les bords duquel croissent l«
bou-krnib, plante fort amère, et le zeïlane qui a un goût de
sel très-prononcé. Il se fait chaque année un grand trafic
entre les naturels et la population du Djebel-el-Qamra (mont
de la lune). En échange du sel, qui manque dans leur pays,
les habitants du Djebel-el-Qamra viennent offrir, à une épo-
que lixe, des tissus de coton, du riz et du blé. Si, par hasard,
leurs caravanes subissaient le moindre retard, on aurait à
déplorer les plus grands malheurs; c'est ce qui arriva, dit-on,
une certaine année. Ayant attendu pendant quarante jours
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