Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

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sans recevoir leur approvisionnement annuel, les gens du
Sehka succombèrent par milliers à la misère et à la famine ;
en sorte que les montagnards eurent toutes les peines du
monde pour rappeler à la vie les familles qui restaient. Les
limites du Sebket-Chanaqtha se perdent dans les sables d'un
désert incommensurable et sans la plus légère trace de végé-
tation. Il faut près de cinq semaines pour le traverser, parce
qu'on n'y trouve de l'eau que dans quatre bas-fonds (bouqa'a).
A l'extrémité du désert sont campées des peuplades au teint
rouge et vêtues de gandouras en coton ; leurs habitations, qui
voyagent avec elles, se composent de peaux de buffle cousues
ensemble. Comme tous les Bédouins, elles se nourrissent de
dattes et boivent du lait de ckamelle. Cà et là, en avançant
dans les terres, on aperçoit quelques petits champs de riz et
de millet : ce qui prouverait que peu de gens dans cette
région s'adonnent à l'agriculture proprement dite.

Une caravane met, en moyenne, quinze jours à parcourir
d'un bout à l'autre le nouveau désert qui s'ouvre devant elle,
ainsi qu'une mer sans horizon. Après ce pénible voyage, elle
découvre les premières oasis qui dépendent du Djebel-el-
Qamra et sont peuplées d'hommes à peau rouge. Ce n'est
pas sans un sentiment de satisfaction qu'on y contemple le
mouvement et la vie. Je n'ai rien de particulier à signaler sur
cette région, attendu que les mœurs, les habitations et la nour-
riture y sont les mêmes que dans tout l'intérieur de l'Afrique.

Djebel-el-Qamra. C'est une montagne de couleur noirâtre
et formant un pâté, qui dresse à l'Orient et à l'Occident deux
cîmes voisines du ciel, tandis que la partie intermédiaire
n'offre qu'une médiocre élévation. Quelques ruines considé-
rables sont encore debout sur plusieurs points : on y reconnaît
la main des païens (el-Djahilia). Aux quatre vents, la province
des monts de la Lune est d'une étendue assez considérable.
Parmi les plantes répandues sur son sol, j'ai remarqué une
espèce de halfa, qui diffère notablement du halfa ordinaire
(stipa tenacissima), si commun dans le Nord de l'Afri-
que (1).

A. Cherbonneau.

(i) Le halfa, stipa tenacissima, croît par touffes dans les sables cal-
caires ou dans les terrains à base calcaire non humides. On le trouve
aussi en Andalousie.
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