Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

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de ce prince, qui y établit aussi une colonie de Grecs, cette
cité devint si peuplée, qu'elle fut en état de mettre sur pied
dix mille cavaliers et le double de fantassins (1). »

De son côté, Salluste, pour désigner les plaines fertiles qui
se déploient à l'Ouest et au Sud de la ville, écrit : haud
procul ab oppido Cirta campi patentes. (Bell. Jug. cap.
/ 06-) Ailleurs, il signale par un seul trait et comme en
passant, l'importance militaire de la place : Neque propter
naturam loci, Cirtam armis expugnare poterat Jugur-
tha (Ibid. c. 25). Hirtius, l'historien de la Guerre d'Afri-
que , dont j'emprunte la citation à M. Dureau de la Malle
(opn$ suprà laud. p. 4 /), consacre à la capitale de Juba Iw
les expressions oppidum ejus regni opulentissimum. (Bell,
afric. c. 25).

Mais, le dessin topographique que nous refusent les écri-
vains antérieurs à l'invasion musulmane, il convient d'en
chercher les principaux traits dans les manuscrits des géo-
graphes arabes et dans les relations des voyageurs modernes.
Edrisi, qui vivait au douzième siècle de l'ère chrétienne, et
que nous connaissons par la traduction de M. Amédée Jau-
bert, a tracé une description de Constantine, qui l'emporte de
beaucoup sur celle que nous devons à Léon l'Africain, et qui
complète parfaitement la notice d'El-Bekri. En voici un pas-
sage dont l'exactitude mérite d'être prise en considération par
ceux qui ont suivi des yeux le cours du Roumel : « Quant
à la rivière, dit-il, elle vient du Midi, entoure la ville du
côté de l'Ouest, et poursuit son cours vers l'Orient ; puis elle
tourne vers le Nord, va baigner le pied de la montagne à
l'Occident, et retourne de nouveau vers le Nord, pour aller
enfin se jeter dans la mer. »

Edrisi est le seul auteur qui ait donné la carte, et pour
parler plus nettement, la configuration de la ville en disant :
« Elle est bâtie sur une espèce de promontoire isolé, de forme
quadraugulaire; il faut faire plusieurs détours pour y monter.
On pénètre par une porte ouverte du côté de l'Ouest, dans l'in-
térieur de la place, qui n'est pas très-grande. » 11 aurait pu
ajouter qu'elle est bordée au Nord par un rempart épais, ob-
servation qui n'a point échappé à Léon l'Africain.

(1) Province de Constantine ; Recueil de renseignements, par M. Dureau
de la Malle, p. 40.
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